Confrontée à l’impact de la Covid-19 sur les résultats trimestriels et face à un endettement global de près de 1,5 milliards d’euros, la société suisse traverse aujourd’hui une très mauvaise passe. Plus encore les fonds qui la soutiennent jusqu’ici s’opposent quand à la stratégie de redressement à mener.

Rien de semble aller ces derniers mois chez Selecta. Le géant du vending est aujourd’hui en très mauvaise posture avec l’impact de la pandémie Covid-19. Les résultats du premier trimestre ont été dévoilés affichant une chute du chiffre d’affaire mais également de la rentabilité. Plus encore son Directeur Général David Flochel de même que le Chairman on Board ont annoncé leur départ le jour même de leur parution. Et depuis l’ambiance est à couteaux tirés entre les KKR, le fond qui a investi en 2015 et a permis une recapitalisation de la dette, et les détenteurs d’obligations et autres bailleurs de fonds. En effet KKR a été sollicité pour remettre 200 millions d’euros pour faire face à la charge annuelle de la dette (100 mio €) et réintroduire de la trésorerie.

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Mais ce dernier semble ne pas vouloir acter une nouvelle injection de fonds sans que les porteurs d’obligations et autres créanciers ne fassent aussi un effort certain. Il se dit que KKR entend qu’ils effacent purement et simplement une partie de la dette pour accepter de remettre au pot. Et c’est là que le bas blesse, car les autres créanciers semblent privilégier une idée alternative à savoir procéder à des ventes en morceaux de Selecta : Autrement dit réduire la voilure de manière significative et restructurer de manière drastique et dimensionner la société sur un périmètre plus réduit mais rentable. Plus encore il semblerait que ces derniers souhaiteraient convertir leurs obligations en participation dans le capital de Selecta voire même souhaiter une sortie de KKR pour pouvoir mener leur solution de découpage de la société et de la revente d’une partie de l’activité (il se murmure que des contacts aient été déjà établis via à vis de grands acteurs européens).

La presse économique et les commentateurs financiers ont du reste, ces dernières semaines, la dent particulièrement dure à l’encontre de Selecta, le site www.handelszeitung.ch parlant de « chaos », www.finazen.ch titrant quant à lui sur la dispute entre les fonds et The Market allant jusqu’à titrer « Selecta : de candidat à l’introduction en Bourse à candidat à la faillite ». Et pour couronner le tout l’agence de notation Moody’s vient de dégrader la note de Selecta de deux niveaux (Caa3) !

Il est clair que les prochaines semaines vont être capitales quant au devenir du Groupe européen. KKR, de même que la nouvelle Direction issue de ses rangs vont avoir fort à faire pour convaincre ou trouver un moyen d’entente avec leur homologues, chacun semblant décidé à ne pas faire les frais d’une restructuration drastique et urgemment nécessaire dans un contexte de reprise après Covid encore très incertaine. La France comme l’Angleterre sont dans l’oeil du cyclone compte tenu de résultats décevants qui pèsent lourdement sur les comptes du groupe. Le marché français de Selecta est du reste très dégradé au point que ces derniers mois l’obsession de redresser l’activité et surtout et de retrouver un niveau de rentabilité minimum s’est traduit par une politique unilatérale de redresser les prix de vente des contrats chez les clients (au risque de perdre des marchés) associée à une limitation des investissements. Une situation qui laisse bon nombre d’observateurs perplexes et les fournisseurs de plus en plus inquiets. Une chute de Selecta au niveau européen serait un très mauvais signe pour l’ensemble des professionnels et risque de porter une appréciation très défavorable de l’activité dans son ensemble vis-à-vis des marchés financiers. Le poids de la dette, les perspectives de faible activité, l’exposition de Selecta sur les secteurs publiques et de transport (gares, aéroports, autoroutes…) sont autant de points peu engageants pour pouvoir espérer un redressement rapide du groupe européen.

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