Consommation PGC 2025 : une reprise réelle, mais encore sous étroite contrainte

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Après plusieurs années de recul, la consommation de produits de grande consommation (PGC) repart à la hausse en France en 2025. Tirée par le retour des volumes et par la solidité de l’alimentaire, cette reprise reste toutefois fragile, inégale selon les territoires et fortement contrainte par les arbitrages budgétaires, confirmant une transformation durable des comportements d’achat.

Une reprise de la consommation encore fragile

Après plusieurs années marquées par une contraction continue, la consommation de produits de grande consommation en France renoue avec une dynamique positive en 2025. La progression de 1,9% du chiffre d’affaires (données Circana) marque un tournant symbolique après le choc inflationniste qui avait profondément modifié les comportements d’achat. Cette reprise reste toutefois mesurée et largement conditionnée par des arbitrages budgétaires toujours très présents dans les ménages. Le signal le plus encourageant réside dans le retour des volumes, qui contribuent davantage à la croissance que les prix, confirmant une sortie progressive de la phase de déconsommation.

L’inflation, désormais contenue, ne joue plus le rôle moteur qu’elle occupait les années précédentes. Le consommateur recommence à acheter, mais sans retrouver une trajectoire de croissance franche. Cette reprise s’apparente davantage à un ajustement qu’à un rebond structurel, d’autant que la dynamique s’essouffle nettement en fin d’année, avec une rechute des ventes dès novembre et un décrochage plus marqué en décembre.

L’alimentaire, pilier de la croissance

Dans ce contexte, l’alimentaire apparaît comme le principal moteur de la reprise. Toutes les grandes familles du secteur contribuent à la croissance, de l’épicerie au frais libre-service en passant par le frais traditionnel. À l’inverse, le non-alimentaire continue de souffrir, confirmant une hiérarchisation très nette des dépenses des ménages. Les postes considérés comme différables, notamment l’équipement de la maison et le textile, restent sous pression, victimes d’un arbitrage budgétaire durablement défavorable.

Cette orientation vers l’essentiel explique en grande partie la meilleure performance de la France par rapport à plusieurs de ses voisins européens. Sur les produits de grande consommation et le frais libre-service, l’Hexagone affiche une croissance en volume supérieure à celle observée en Italie, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni, et se démarque nettement de l’Allemagne, encore en repli.

De fortes disparités territoriales et sectorielles

L’analyse révèle également des écarts régionaux très marqués. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur se distingue nettement, affichant une dynamique de consommation bien supérieure à la moyenne nationale, tant en volume qu’en valeur. Cette performance suggère des facteurs locaux spécifiques, combinant probablement structure démographique, attractivité touristique et niveaux de revenus, qui mériteraient une analyse plus fine.

Côté circuits, la polarisation du marché se confirme. Les hypermarchés, et plus particulièrement les très grandes surfaces, restent structurellement en difficulté. La baisse des volumes et la dégradation du rendement au mètre carré illustrent un modèle en perte de vitesse. À l’opposé, le discount poursuit sa progression, porté par une recherche de prix bas devenue structurelle, tandis que le drive et la proximité bénéficient de nouveaux usages, caractérisés par des paniers plus petits, des achats plus fréquents et une gestion très serrée des budgets.

Un rééquilibrage progressif entre marques

Enfin, l’évolution du rapport de force entre marques constitue un signal notable. Après plusieurs années de recul, les marques nationales regagnent du terrain, tant en valeur qu’en volume. Ce mouvement traduit un début de rééquilibrage après la forte poussée des marques de distributeurs, sans pour autant remettre en cause leur rôle central dans la défense du pouvoir d’achat. Les gammes économiques et thématiques des enseignes continuent de progresser, illustrant une reprise qui s’opère sous contrainte, sans véritable relâchement sur la sensibilité au prix.

Dans son ensemble, l’année 2025 apparaît ainsi comme une année de transition. La consommation repart, mais sur des bases prudentes, sélectives et profondément transformées. Une logique qui évoque bien le fait que malgré une détente sur le panier de courses le consommateur fait aujourd’hui attention à son budget, réalise des arbitrages. Une logique qui est aussi présente en hors domicile. En DA bon nombre d’opérateurs constatent une déconsommation sur certaines catégories ou plus encore une attention à la dépense. Souhaitons qu’en 2026 ils se remettent à consommer à la machine.