Le media français L’Informé a récemment titré sur Selecta qui traverse selon lui une zone de turbulence qui dépasse largement le simple ajustement conjoncturel, annonçant plus d’une centaine de suppressions de postes pour la filiale française. Derrière les annonces de restructuration et les réductions d’effectifs, c’est tout un modèle qui est sous pression peut-on comprendre. En 2025, le groupe enregistre une chute de ses ventes de 21 %, signe d’un décrochage réel dans un marché pourtant en transformation rapide et malgré ses efforts de redressement ces quatre dernières années.

Mais le sujet est plus profond et nous avons cherché à comprendre ces réductions d’effectifs à l’aulne de la transformation du métier. Le modèle historique de la distribution automatique, fortement dépendant des flux captifs comme les bureaux, les transports, les lieux publics a été durablement fragilisé ces dernières années et particulièrement depuis le Covid. Le télétravail a réduit la fréquentation, et donc les volumes. Dans le même temps, une partie des implantations souffre d’un niveau de consommation insuffisant et l’essor des nouvelles technologies permet une réaffectation des tâches et une réorganisation des process des pour répondre à de nouvelles logiques opérationnelles. A cela se rajoute pour une structure à l’échelle hexagonale comme Selecta France par le gain ou la perte de clients au sein des différentes agences et donc la nécessité de redimensionner ces dernières malgré une progression des ventes de 2,5% entre 2024 et 2025. Ainsi après vérification la « réduction des effectifs » chez Selecta France semble plus être un acte de gestion devant permettre la réorganisation et l’optimisation de l’activité et de la croissance. Cette réduction n’a pas fait l’objet d’un plan social mais d’une logique de départs volontaires dans certains cas et d’embauche dans d’autres. Si bien que cette réorganisation débouchera à une réduction d’une cinquantaine de postes.   

C’est ici que se joue le véritable enjeu. Le contexte économique associé aux nouvelles technologies permettant la recherche d’une meilleure productivité entraine une réaffectation des tâches et une optimisation de l’activité permettant un repositionnement rapide afin de répondre aux exigences du marché. Au-delà des hausses de prix la rentabilité se recherche donc aussi par une réorganisation de l’exploitation dans un environnement économique sous tension.

Dans ce contexte, les initiatives autour du contrat SNCF montrent la direction : élargissement de l’offre, intégration de solutions connectées, montée en gamme et diversification des usages. Mais ces évolutions restent encore en transition face à l’ampleur des transformations en cours.

Selecta se retrouve ainsi dans une situation typique du secteur : coincé entre un modèle historique qui montre ses limites et un modèle futur qui n’est pas encore pleinement déployé. Plus qu’une crise ponctuelle, c’est une phase de bascule. Et elle concerne, en réalité, l’ensemble du vending.