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Quand les universités bloquent, la distribution automatique tousse en silence

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Il aura suffi d’un lycée de Créteil, à la mi-septembre, pour que la rentrée change de visage. Les blocus ont gagné des centaines d’établissements, puis est venu le blocage des universités : une trentaine de facultés touchées dès le 1er octobre, des campus fermés par précaution, des cours basculés à distance. Les chaînes d’information en continu tournent en boucle, l’hémicycle y trouve de quoi échauffer les esprits à l’approche du budget, et les prétendants à 2027 ont enfin du grain à moudre. Pour les professionnels de la chose politique, ce tumulte relève de l’ordinaire. Il est même, pour certains, une aubaine.

Le blocage des universités, un coût qui ne fait pas la une

Pour d’autres, ce tumulte a un prix. Et ce prix ne fait l’ouverture d’aucun journal.

Les gestionnaires qui exploitent les distributeurs des campus encaissent depuis plusieurs semaines sans un mot. Pour un exploitant de distribution automatique, le blocage des universités, ce sont des halls déserts, des machines qui ne débitent plus et un chiffre d’affaires qui s’évapore. Chaque journée perdue s’ajoute à la précédente, et rien ne se rattrape : le café qui n’a pas été servi un mardi matin ne sera pas bu deux fois le mercredi. Les produits frais à date courte, eux, n’attendent pas la levée du blocus. Ils partent à la casse.

Ceux qui se lèvent avant le campus

Les revendications qui nourrissent le blocage des universités portent sur les moyens, les locaux dégradés, les amphithéâtres surchargés. Il ne nous appartient pas d’en juger le bien-fondé. Mais dans ce grand débat sur les conditions d’études, on oublie volontiers ceux qui les rendent supportables au quotidien. Bien avant que le premier étudiant ne franchisse le portail, un technicien a déjà rempli la machine, vérifié le monnayeur, nettoyé le groupe café. Ces hommes et ces femmes commençaient leur journée avant tout le monde. Ils la commencent désormais plus tôt encore, contournent les cortèges et remanient leurs tournées pour que les autres clients ne paient pas le prix d’un campus inaccessible.

Après le blocage des universités, le retour au réel

Voilà toute la singularité de la distribution automatique. Elle ne commente pas, elle ne défile pas, elle n’a pas de tribune. Elle sert. Elle vit au rythme réel des lieux qu’elle équipe et, lorsque ces lieux se figent, elle absorbe le choc sans filet. Aucune cellule de crise ne viendra compenser les semaines perdues d’un exploitant régional pour qui deux ou trois campus pèsent lourd dans le compte d’exploitation.

Le Premier ministre a promis des premières mesures d’ici la fin du mois. Souhaitons qu’elles mettent un terme au blocage des universités et ramènent le calme, pour les étudiants d’abord, mais aussi pour tous ceux dont l’activité dépend de portes ouvertes. Le vacarme passera, comme toujours. Ce dont nos entreprises ont besoin, c’est que la stabilité redevienne la règle et non l’exception. Notre métier se joue dans le concret, au pied de la machine, chaque matin. Il serait temps que le débat public, lui aussi, revienne sur terre.