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Italie : le vending entre dans une nouvelle équation de valeur

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Les données 2025 présentées à Venditalia 2026 confirment une tendance de fond : le vending italien ne traverse pas seulement un ralentissement conjoncturel, il change de modèle. Avec 3,66 milliards de consommations, en recul de 4,18 %, et un chiffre d’affaires de 1,55 milliard d’euros, en baisse plus limitée de 2,92 %, le premier parc européen reste puissant, mais il doit composer avec une contraction des volumes traditionnels. Le parc installé, à 785 000 machines, recule lui aussi de 2,9 %.

Le vending italien perd des volumes, mais défend sa valeur

La lecture la plus intéressante se situe dans l’écart entre volumes et valeur. Lorsque les consommations diminuent plus vite que le chiffre d’affaires, le marché défend sa valeur autrement : par le prix, le mix produit, la montée en gamme et de nouvelles occasions de consommation. L’enjeu n’est donc plus seulement de vendre plus d’unités, mais de mieux qualifier chaque acte d’achat.

Cette évolution apparaît clairement dans l’offre alimentaire. Les références plus équilibrées ou à plus forte valeur perçue gagnent du terrain : fruits secs, snacks salés plus qualitatifs, combinaisons de type fromage et gressins, mais surtout plats prêts, dont la progression traduit une ouverture vers une consommation plus proche du snacking-repas que de la simple pause. Le vending italien cherche ainsi à sortir de son image historique de canal de dépannage.

Le café reste évidemment le socle du modèle. Les boissons chaudes reculent de 3,33 %, mais le café demeure le cœur du vending italien et représente encore plus de la moitié des consommations globales. Le fait marquant est ailleurs : le café en grains représente désormais 88 % du café proposé en machine. C’est un signal fort. La machine automatique n’est plus seulement jugée sur sa disponibilité ou son prix, mais sur la qualité de l’extraction, le choix des mélanges et l’expérience perçue.

Les boissons froides, en baisse de 5,85 %, illustrent une autre mutation. Le recul de l’eau minérale, à -5,12 %, ne relève pas uniquement d’un arbitrage consommateur. Il s’explique aussi par la progression des solutions raccordées au réseau d’eau : en 2025, 58 % des gestionnaires italiens ont installé au moins un distributeur ou une fontaine connecté au réseau hydrique. Ce mouvement réduit une partie des ventes conditionnées, mais ouvre aussi des opportunités de service.

Qualité, nouveaux usages et digitalisation redessinent l’offre

Le snack souffre également, avec une baisse de 5,85 %. Les produits sucrés traditionnels sont les plus exposés : barres, viennoiseries et biscuits reculent nettement. Le consommateur ne disparaît pas, mais il arbitre différemment. Attentes nutritionnelles, réduction des formats, recherche de produits moins gras ou moins sucrés obligent les gestionnaires à retravailler leur assortiment. Une logique qu’assume Massimo Trapletti , président de CONFiDA à la suite de la présentation de l’étude sectorielle menée par Jakala pour le syndicat professionnel italien. Ce dernier déclare que « Ces dernières années, jamais l’industrie agroalimentaire italienne n’avait développé de nouveaux produits alliant goût et équilibre. Parallèlement aux produits traditionnels, elle a également promu des en-cas plus petits (et plus caloriques) mais moins gras et moins sucrés. Le défi pour la distribution automatique est de continuer à évoluer, en investissant dans l’innovation, tant dans les technologies de distribution automatique italiennes, de plus en plus numériques et interconnectées, que dans une offre alimentaire qui doit également séduire les goûts de la nouvelle génération, la génération Z, qui, grâce à ses fréquents voyages et séjours d’études à l’étranger, a développé des habitudes de consommation plus internationales. »

Certaines niches confirment ce déplacement. Le ginseng et l’orge progressent dans les boissons chaudes, tandis que les energy drinks gagnent du terrain dans le froid. Ces catégories répondent à des usages plus fonctionnels : énergie, alternative au café, sport, activité physique, consommation étalée dans la journée. Elles montrent que le vending peut capter de nouveaux besoins dès lors que la machine permet d’élargir l’offre. L’Office Coffee Service reste le point fragile. Les consommations reculent de 5,42 % et le chiffre d’affaires de 4,09 %, sous l’effet persistant de la baisse des présences au bureau.

Pour le marché italien, l’enseignement est net : le vending ne doit pas seulement défendre ses positions, il doit redéfinir sa promesse. Moins de volumes traditionnels, oui, mais davantage de qualité, de service, de digitalisation et de pertinence alimentaire.