Face aux multiples enjeux économiques la Fédération NAVSA oeuvre pour l’ensemble de la profession

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Dans un contexte économique encore incertain, la Fédération professionnelle NAVSA multiplie les actions afin de permettre aux professionnels d’aborder les futurs enjeux qui se posent à eux. Yoann Chuffart, son Directeur Général s’en est ouvert librement à Food&Coffee Markets. Et force est de constater que bien des sujets impactent et impacteront le quotidien des sociétés de gestion. 

Food&Coffee Markets : La crise énergétique et les tensions sur les prix des matières première semble s’inscrire dans la durée : quel est votre sentiment à cet égard ?

Yoann Chuffart : Le Président de la République Emmanuel MACRON, l’a reconnu en conférence de presse mi-février : en ce qui concerne la guerre en Ukraine, il faut désormais se préparer pour un « conflit prolongé ». Un propos appuyé par le Secrétaire Général de l’OTAN, M. Jens Stoltenberg, qui évoque maintenant la nécessité d’être « préparés pour le long terme ». Suivant ce constat, il apparaît que les crises qui touchent les marchés de l’énergie et des matières premières ne trouveront pas à se résoudre tout de suite… 2023 sera sans aucun doute une année économique difficile et 2024 agrège d’ores et déjà les craintes : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte par exemple sur le risque probable de pénurie de gaz, en Europe, pour l’hiver 2023-2024, tandis qu’il est communément admis que l’équilibre de l’économie européenne dépendra en bonne partie de l’évolution du conflit… Et c’est notamment l’inflation qui, de l’aveu même des autorités françaises, reste « le principal facteur d’incertitudes » pour l’avenir : suivant les projections de l’Eurosystème (décembre 2022), l’inflation ne devrait ralentir que progressivementet revenir vers +2% seulement à la fin de l’année 2024 et en 2025, de sorte que la prévision d’inflation pour la zone euro se fixe actuellement à +6,3% en 2023, +3,4 % en 2024 et +2,3 % en 2025. L’Union Européenne cherche encore ses solutions aux crises, de même pour les Etats membres. Et parmi les solutions qui seront trouvées, certaines ne feront sentir leurs effets que sur le moyen ou le long terme : après le choc, l’économie européenne s’adapte et il lui faut du temps. L’économie est en crise et elle le sera encore en 2024, voire en 2025, si l’on s’en tient à une perspective « raisonnable ».

A ce sujet, le salon national de la DA – baptisé « VENDING SHOW » – dont la Fédération est désormais propriétaire, sera l’occasion d’évoquer ensemble l’avenir : à notre initiative, des personnalités politiques et des personnalités qualifiées interviendront ainsi tout au long des trois jours de la manifestation (21, 22 et 23 juin) pour permettre aux chefs d’entreprise d’y voir plus clair à l’horizon… Et ils sont tous, adhérents et non-adhérents, les bienvenus pour assister et participer à ces échanges !

Food&Coffee Markets : Ces problématiques sont-elles à prendre en compte pour la profession ?

Y.C. : Oui, évidemment. La D.A n’est pas une « île » dans l’économie nationale : elle subit ainsi, directement ou indirectement, tous les « chocs » économiques qui frappent le pays et l’Europe. Il n’est pas un seul chef d’entreprise dans le secteur qui ne puisse pas en témoigner. Et c’est le rôle de la Fédération non seulement de les accompagner dans ces difficultés en leur apportant quotidiennement toutes les réponses aux questions qu’ils se posent mais encore de les représenter dans le débat public pour qu’ils bénéficient des solutions concertées au niveau national : à rester « chacun dans son coin », on n’obtient rien… Il faut donc bien une organisation professionnelle pour « parler » au nom des Professionnels ! ou bien vous consentez à exercer une profession invisible, condamnée au silence et vous comptez, pour qu’on pense à vous quand « ça va mal », avec la chance !

La responsabilité de chacun, aujourd’hui, est donc de se fédérer, pour faire avancer la cause commune. La cotisation fédérale d’un Gestionnaire qui génère moins de 600 000 euros de chiffre d’affaires annuel lui revient à… 35 euros par mois ! Une obole pour la défense de l’intérêt collectif.

Food&Coffee Markets : Les enjeux immédiats sont essentiels mais vous insistez régulièrement dans vos communications adressées aux adhérents sur les problématiques de fond comme l’instauration de « zones à faibles émissions » (ZFE) dans de nombreuses villes de France, la future filière « REP » pour les emballages professionnels qui inclura les gestionnaires ou encore les projets européens en matière de réemploi, de recyclage, etc. … La profession est-elle exposée à de potentielles nouvelles contraintes dans les années à venir ?

Y.C. : En 2023, 2024 et 2025, mieux vaudra être adhérent à la Fédération que de ne pas l’être ! En effet, les enjeux sont nombreux pour les 3 à 5 ans à venir et la Fédération est associée à plusieurs processus de décision nationaux très importants (nous y reviendrons dans la question suivante) qui concernent :

  • L’instauration d’ici 2025 dans 45 métropoles et agglomérations de « zones à faibles émissions » (ZFE) : les villes concernées vont interdire la circulation de certains véhicules dans un périmètre défini et, parfois, sur des plages horaires déterminées. Ces restrictions de circulation s’appliqueront à tous, particuliers comme professionnels, et visent les véhicules dits « très polluants », à savoir ceux classés Crit’Air 5 et 4 et, bientôt, Crit’Air 3 également, voire… Crit’Air 2 à terme ! Or l’immense majorité du parc automobile du secteur est qualifié Crit’Air 3 et le basculement vers le Crit’Air 2 n’a rien d’évident, moins encore celui vers le Crit’Air 1 : non seulement l’offre constructeur poser encore question en ce qui concerne les véhicules utilitaires légers (VUL) mais encore le coût de la transition est élevé, tandis que quelques questions « pratiques » ne manqueront pas de se poser à une profession qui voit le « véhicule de service » assez répandu et parfois même le « véhicule de fonction ». Ce n’est ni plus ni moins que l’accès aux villes et à leur périphérie qui est en jeu dans cette discussion autour des « ZFE » ;
  • La mise en place en 2025 de la filière à responsabilité élargie du producteur (« REP ») pour les emballages industriels et commerciaux utilisés par les gestionnaires : la loi n°2020-105 du 10 février 2020, dite « loi AGEC », prévoit que les gestionnaires d’appareils intègreront le 1erjanvier 2025 une filière à responsabilité élargie du producteur afin de financer la collecte et la valorisation des déchets issus des emballages qu’ils mettent sur le marché, en l’occurrence les gobelets. Ils devront ainsi s’acquitter, à partir de cette date, d’une « éco-contribution » (en quelque sorte une « taxe ») pour chaque gobelet qu’ils mettent sur le marché et assumer leur « responsabilité » suivant les modalités prévues par la loi et dans les conditions inscrites au cahier des charges de la filière. L’enjeu est alors d’assurer l’efficience de la filière tout en garantissant l’équilibre économique de l’activité de D.A ;
  • Le projet de règlement européen sur les emballages : la Commission Européenne a présenté à l’automne dernier un projet de règlement visant à réviser une nouvelle fois et seulement trois ans après la dernière législation sur le sujet le cadre entourant la mise sur le marché des emballages. Et la DA est évidemment concernée : en substance, il est question de réemploi, de recyclage, d’incorporation de matière recyclée, de réduction des emballages, d’exigences d’étiquetage, de restrictions sur les formats d’emballage, etc. … Le projet de texte doit être débattu au cours des prochains mois et devrait voir le jour au printemps 2024. L’enjeu tient évidemment à la préservation du modèle économique de l’activité de D.A tout autant qu’aux changements qui s’imposent pour l’avenir ;
  • le retour de la consigne pour réemploi et/ou recyclage : l’examen de la loi n°2020-105 du 10 février 2020 avait vu émerger le sujet de la consigne pour favoriser le réemploi et le recyclage des emballages. Finalement « sortie » de la loi, la consigne fait son retour cette année à la faveur du rendu de l’étude confiée à l’ADEME pour évaluer la pertinence de la mise en place du dispositif en France. Le ministère de la Transition Ecologique entend ainsi poser les termes d’un nouveau débat qui pourrait aboutir au déploiement du dispositif sur le territoire national. L’enjeu est alors, pour la DA, de trouver à s’insérer comme il faut dans la chaîne des acteurs concernés, c’est-à-dire de définir le rôle qu’elle aura tout comme que celui qu’elle ne pourra pas avoir ;
  • L’évolution de l’offre alimentaire en DA : une négociation a cours depuis deux ans entre la Fédération et le ministère de la Santé sur l’évolution de l’offre alimentaire en distribution automatique. Il est question d’apporter une réponse aux préoccupations de santé publique telles qu’elles s’expriment dans le Plan National Nutrition Santé (PNNS). Pour éviter un encadrement légal et/ou réglementaire de l’offre-produits, voire de l’implantation des appareils, un accord doit être trouvé entre la profession et les pouvoirs publics, qui réponde à la fois aux attentes du ministère de la Santé et aux inquiétudes des Professionnels.

D’autres sujets nous occupent et d’autres encore nous occuperont demain, qui sont tout aussi importants que ceux-là. Mais ce panorama devrait suffire aux chefs d’entreprise avisés pour s’intéresser de plus près à leur organisation professionnelle…